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La «Baraque Adrian» de Saint-Cast

L’ingénieur polytechnicien Louis Adrian invente, en 1915, un casque relativement léger (700 g)  qui porte son nom. Fabriqué à 7 millions d’exemplaires, il a  sauvé de blessures mortelles bien des soldats. Poursuivant ses cogitations, Adrian conçoit des baraques «en kit», appelées les baraques Adrian, qui sont des préfabriqués en bois démontables et modulables recouverts de toile goudronnée.

Abondamment utilisées durant la première guerre mondiale, elles ont servi aux troupes (casernements, bureaux, hangars, salles d’opération) et aux civils fuyant les zones de combat.

La paix revenue, ces bâtiments sont vendus aux enchères, en 1919, par le Service du Génie.

L’abbé Ribault, recteur de Saint-Cast, est, en cette fin d’année 1919, assez contrarié par le fait que la reconstruction de «sa» chapelle Sainte-Blanche n’avance pas aussi vite qu’il le souhaite. Il voudrait, pour la prochaine saison estivale, une salle, en plus de l’église paroissiale, pour la messe, les réunions de patronage, les fêtes de charité, etc..

Apprenant qu’une de ces baraques Adrian est proposée à la vente publique, il se rend à Saint-Malo, un vendredi matin de septembre 1919 et emporte les enchères, devant le général Z…, pour 1800 francs. La construction, en bois léger de sapin à panneaux de lames se chevauchant les unes sur les autres, couverte de papier goudronné, a une longueur de 30 mètres et une largeur de 7,5 mètres. Elle a abrité des troupes noires.

Elle arrive par voie de mer, du champ de manœuvres de Rocabey au Port Jacquet. Les matériaux empilés sur une hauteur de 3 mètres  par-dessus le pont du bateau à moteur Jeanne d’Arc donnent de la fargue , comme dit le commandant. Cette cargaison va être transportée, en charrettes,  par 16 bénévoles,  dans des garages d’aimables propriétaires castins qui ont bien voulu l’héberger pour l’hiver.

 Le 25 juin 1920, à cause des travaux d’été, 4 dévoués paroissiens seulement sont disponibles, avec harnais et charrettes, pour sortir des garages tous les éléments de la baraque, les transporter sur un terrain des Mielles, les assembler, réparer ceux qui ont été cassés. Le montage prend plusieurs jours mais l’abbé Ribault est content : il dispose d’ une grande salle pour les baigneurs de la saison 1920.

En octobre, la baraque Adrian qui a servi d’église provisoire sous le nom de Notre-Dame-des-Flots est à vendre. Elle ne trouve pas acquéreur. L’abbé Ribault décide de la faire transporter au bourg, près de l’église. Une généreuse paroissienne, lui offre un champ dans Les Ruettes (actuelle rue du Chanoine Ribault), près de l’école «Chez nous».

La construction démontable mais fragilisée, pas isolée du froid mais cependant chauffée, l’hiver, par un poêle à bois, va devenir une salle de jeux et de réunions pour le patronage des garçons, une salle paroissiale pour les fêtes de l’été, un restaurant pour les banquets du Comice agricole, notamment celui de septembre 1926.

(sources: lesVigie des 9 novembre 1919, 23 novembre 1919, 4 juillet 1920, 28 février 1921, 12 septembre 1926)

La table d’orientation de la Pointe de Saint-Cast

En 1910, le Touring-Club de France fit poser à la pointe de l’Isle, près du sémaphore, une table d’orientation en lave de Volvic émaillée provenant de l’usine Saint-Martin de Riom. Cette ancienne filature de chanvre rachetée par Maurice Serrat en 1898 devint la première manufacture de plaques en lave émaillée utilisées pour les panneaux de signalisation Michelin, les plaques des noms des rues de Paris et les tables d’orientation.

Le dessin de la table actuelle établie en 1955 est la copie de celui de 1910, d’un diamètre de 1 mètre. Il est posé sur un pied carré d’une hauteur légèrement inférieure à 0,90 mètre.

La table d’orientation, placée à une altitude de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur un espace ouvert à 280 degrés, permet de situer les différents points de la côte de ce paysage magnifique, de la plage du Décollé à Fort La Latte .

La table d’orientation du Square René Pléven

Au printemps 1994, à l’extrémité du Boulevard de La Garde, face à la mer et à l’oratoire de Notre-Dame, la municipalité aménage un square baptisé Square René Pléven, compagnon de la Libération. Celui-ci, très attaché à Saint-Cast, louait pour les vacances, dans les années 50, une villa à proximité de cet endroit. Une table d’orientation, signée Y.L, y est placée.

Un socle en galets du port, construit par les employés de la ville, supporte une plaque en lave de Volvic cuite à 1000 degrés, d’un diamètre de 0,75 mètre. Elle a été dessinée et illustrée par Yves Lacroix, président de la SNSM, spécialiste de la mer et des cartes. Elle indique la direction de tous les points de la côte, de l’église du bourg au château d’eau du Biot.

Le choix de l’année 1994, 50 après la libération de Saint-Cast, n’est pas un hasard, pas plus que la citation – 2 vers de Marie-Paule Salonne, poète et castine de coeur – figurant sur la plaque :

La pointe est dans les flots comme une immense proue

qui veut appareiller dans le soleil levant.

 

La halte de l’Aubénière et son réservoir d’eau


La ligne de chemin de fer qui reliait la gare de Matignon à la gare du Guildo desservait les arrêts de l’Aubénière et de la Grohendais.

Le premier train de voyageurs y est passé le 18 septembre 1906. Le chauffeur de la locomotive à vapeur pouvait faire le plein d’eau dans le magnifique réservoir en brique et béton armé qui existe toujours. L’eau provenait du ruisseau du Pont Quinteux. Ce réservoir d’eau, d’une contenance de 20 m3, était l’un des 80 ouvrages conçus par l’ingénieur Louis Harel de la Noë dans tout le département. L’alimentation de la locomotive se faisait par l’intermédiaire d’un manchon fixé à la partie inférieure du réservoir. Un abri pour les voyageurs a été construit en 1928.

Trois trains par jour circulaient dans chaque sens. Il fallait 21 minutes pour effectuer le trajet de Matignon au Guildo, et 54 mn pour aller de Saint-Cast à Plancoët. La ligne a été fermée le 15 février 1937.

L’association « Patrimoine de Saint-Cast-Le-Guildo », l’association « Amis du Passé du Pays de Matignon » et les services techniques de la Mairie de Saint-Cast-Le-Guildo ont oeuvré pour la réhabilitation de ce réservoir qui était dégradé.

En Aout 2015, une plaque, conçue par l’Association des « Amis du Passé du Pays de Matignon », a été posée pour rappeler l’historique de ce vestige de la ligne de Chemin de Fer des Côtes du Nord. Sur cette plaque, on peut lire l’histoire, mais également la partie technique, en français et en anglais.

Le réservoir est situé sur cette ancienne voie ferrée réaménagée en voie cyclable et piétonnière faisant partie de la voie littorale V4 qui se prolonge vers l’Angleterre.

 

Le Café Casino

Cette construction en bois sur pilotis, située face à la ville Ker Jo sur la grande plage,  fut tenue, entre 1907 et 1911, par Madame Berry et Monsieur Nunès.

Elle comprenait deux salles : l’une (6mx5m) était affectée à la vente des boissons, l’autre (4mx5m) servait de salle de jeux dont les petits chevaux.

Le Casino fut détruit par un incendie en 1911. Sa reconstruction ne fut pas autorisée par le conseil municipal.

 

 

Le plongeoir-toboggan

Dans les années 1930, Pierre Olivaux, propriétaire de l’hôtel Royal Bellevue, fit installer sur la grande plage un toboggan dont la particularité était de pouvoir être déplacé en fonction des marées. Ce toboggan était équipé de sièges en liège qui, après chaque glissade, devaient être remontés. Pendant la saison estivale, trois hommes durant la journée et deux durant la nuit veillaient à la sécurité. Cette construction métallique, unique en Europe, fut convoitée par les Allemands dès leur arrivée en 1940. Monsieur Olivaux la fit démonter et emmener à Notre Dame du Guildo avant de la faire saborder au large.

 

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