Chapelle Sainte-Blanche

Chapelle Sainte-Blanche

A l’emplacement de la chapelle actuelle furent exhumés en 1905, un chapiteau, des colonnes de pierre et un sarcophage contenant un squelette de femme, ce qui laissait présumer, à cet endroit, la présence d’un lieu de culte ancien ou un temple romain.

A la fin du IVe siècle et au début du Ve siècle débarquent, dans la presqu’île armoricaine, des bretons en majorité chrétiens  venus du Pays de Galles, de Cornouailles, du Devon et d’Irlande. Parmi eux Fracan accompagné de son épouse Gwen (Blanche), et de leurs deux fils, Jagut et Gwenthenoc. Blanche donne le jour à un troisième fils Guénolé, et une fille Clergie. La légende raconte que Dieu dote Blanche d’un troisième sein lorsqu’elle met au monde son troisième fils.

Le moine Budoc instruit les trois frères dans son école monastique, puis les envoie avec d’autres condisciples prêcher la religion chrétienne « là où Dieu les mènerait ». Jagut, le troisième, prêche dans la région d’Allet (Saint-Malo) et fonde une puissante abbaye connue aujourd’hui sous le nom d’Abbaye de Saint-Jacut. Pour construire « en dur » cette abbaye, en face de Saint-Cast, les moines vinrent chercher des pierres, à l’Isle, quartier peuplé à évangéliser, qui posséde de nombreuses carrières.

Ils y établissent, à une date difficile à préciser, un prieuré-cure avec chapelle dont l’existence est confirmée par une bulle du pape Alexandre III de 1163, et mettent cette chapelle primitive sous le vocable de Sainte Blanche, mère de Jagut (en effet, la famille Fracan est canonisée par le vox populi. Ils sont appelés Saint-Fracan, Sainte-Blanche, Saint-Guénolé, Saint-Vennec pour Gwenthénoc) et Saint-Jagut.

La chapelle primitive attire les mères de famille en pèlerinage. En effet, Sainte Blanche était guérisseuse. L’eau de la fontaine et du lavoir situés en contre-bas de la chapelle, près de la plage, est censée guérir l’eczéma des enfants, affection fréquente à l’époque. Les mères viennent prier Sainte Blanche à la chapelle et descendent ensuite au lavoir jouxtant la fontaine, y tremper des pièces de linge : chemises, bonnets, fichus…pour en revêtir le malade. Si l’enfant guérit, la mère revient remercier la Sainte et accroche près de la statue une pièce de linge porté par l’enfant en guise d’ex-voto. Sainte Blanche est également la protectrice des marins soumis aux fortes tempêtes.

Au moment de la bataille de Saint-Cast en 1758, la chapelle existe toujours et, contrairement à la rumeur castine, elle n’est pas brûlée par les Anglais qui ne commirent aucune exaction dans le  village de l’Isle. Au cours des années suivantes, elle vieillit comme tout bâtiment non entretenu, faute d’argent. En 1870, il reste quelques pans de mur, l’un supportant la niche qui abritait la statue de Sainte-Blanche. Une voisine la prit chez elle pour la soustraire aux intempéries.

En 1905, les habitants de l’Isle créent un comité de défense pour la reconstruction de la chapelle et se mettent à l’oeuvre avec leurs faibles moyens. Ils sont grandement encouragés à partir de 1915 par le nouveau recteur, l’abbé Ribault. Dès son arrivée, il donne, avec l’énergie et la ténacité qui le caractérisent, une nouvelle impulsion au projet. La chapelle reconstruite et agrandie peut, à partir de 1920, redevenir un lieu de culte.

 

Travail réalisé par l’association Patrimoine de Saint-Cast-Le-Guildo à partir de 2009 :  intérieur : entretien régulier de la chapelle, notamment des nombreuses boiseries, nettoyage de la sacristie (3 tableaux retrouvés ayant besoin d’une restauration), peinture de la porte latérale (avec l’aide de l’association des amis du passé du pays de Matignon), mise en place d’une crèche de Noël ; extérieur : débroussaillage de la partie est et sud, mise en place de bacs à fleurs pour éviter le stationnement des voitures, aménagement du parking surplombant le panorama, suppression des tags qui recouvraient les murs ; aiguillon pour l’enfouissement du réseau électrique.

aller plus loin :

Retrouvez l’histoire complète de la Chapelle Sainte-Blanche, dans l’ouvrage « Patrimoine religieux de Saint-Cast-Le-Guildo » édité par l’association en 2016 ; et autres ouvrages cités sur bibliographie.

Ne manquez pas également une visite du site de « La Vallée des Saints » à Carnoët où vous trouverez les statues de Saint Blanche  (Gwen), Fracan (Fragan), Jagut (Jacut), et Guenolé au milieu d’une centaine de statues monumentales (une île de Pâques au coeur de la Bretagne).

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